Manger les morts pour trouver Dieu : le rituel le plus troublant au monde
Aperçu
Nous avons parcouru le monde à la recherche de la pratique religieuse la plus étrange et terrifiante, et nous l'avons trouvée sur les rives du Gange. Les moines Aghori d'Inde ne se contentent pas d'accepter la mort ; ils la consomment. Connus pour s'enduire de cendres humaines, utiliser des crânes comme bols à aumônes et consommer rituellement la chair des morts, leur philosophie remet en question la notion même de tabou. Cet article explore les raisons de leurs pratiques, la philosophie qui sous-tend cette folie, et mentionne quelques autres exemples qui vous amèneront à repenser votre vision de l'au-delà.
La plupart des religions promettent de vous sauver de la mort. Elles offrent les portes du paradis, la réincarnation ou la béatitude éternelle pour vous distraire de la décomposition du corps. Mais il existe une secte en Inde qui regarde un cadavre en décomposition et y voit… un repas. Âmes sensibles s'abstenir. Nous allons explorer une pratique qui fait passer les exorcismes classiques pour une simple formalité.
#1 Les moines Aghori de l'Inde
Les Aghori forment une petite secte d'ascètes shivaïtes (sadhus) originaires de l'Uttar Pradesh, en Inde. Pour les non-initiés, ils sont de véritables cauchemars ambulants. Souvent nus ou vêtus d'un simple pagne, leur peau est recouverte d'une fine couche de cendres humaines . Ils portent un kapala (une coupe taillée dans un crâne humain) qui leur sert à manger et à boire.
Mais leur rituel le plus tristement célèbre — et la raison pour laquelle ils figurent en tête de liste — est leur alimentation. Il a été prouvé que les Aghori retiraient des cadavres flottant dans le Gange (des corps trop pauvres pour être incinérés) et consommaient leur chair putréfiée . Ils méditent également assis sur des cadavres, entourés d'excréments et de décomposition.
Pourquoi le cannibalisme ? La logique du macabre
Il est facile de les considérer comme fous, mais leur pensée recèle une logique d'une cohérence terrifiante. Les Aghori croient en la non-dualité . Pour eux, Dieu (Shiva) est présent en toute chose. Non seulement dans les fleurs magnifiques et les couchers de soleil, mais aussi dans les excréments, la chair en décomposition et la mort.
En consommant ce que la société qualifie d’« impur » ou de « dégoûtant », ils tentent de briser l’illusion de la dualité. Si l’on peut manger de la chair humaine avec la même sérénité qu’une mangue, on a transcendé l’ego. On a compris que le « pur » et le « sale » ne sont que des constructions mentales. C’est une forme extrême de thérapie spirituelle par l’exposition.
Deuxième place : Les familles zombies de Toraja
Alors que les Aghori se nourrissent des morts, les habitants de Toraja, en Indonésie , vivent avec eux. Lors d'un rituel appelé Ma'nene , les familles exhument les corps momifiés de leurs ancêtres tous les quelques années.
Ils ne se contentent pas de les regarder ; ils les nettoient, les habillent à la mode (lunettes de soleil, vestes en jean) et posent pour des photos de famille. Entre le décès et les funérailles (qui peuvent être espacées de plusieurs années), le corps en décomposition est conservé au domicile familial, nourri quotidiennement et traité comme s’il était simplement « malade ». C’est une pratique née de l’amour, mais voir un tout-petit serrer dans ses bras la dépouille desséchée de son grand-père est indéniablement troublant.
Finaliste : Sokushinbutsu (Japon)
Voici le régime ultime. Le Sokushinbutsu était une pratique de moines bouddhistes japonais qui se momifiaient de leur vivant . Pendant plus de 3 000 jours, ils ne consommaient que des aiguilles de pin, de l'écorce et des pierres afin d'éliminer toute graisse corporelle. Ils buvaient ensuite une infusion toxique à base de laque pour rendre leur chair empoisonnée aux asticots.
Finalement, ils furent enterrés vivants dans un cercueil de pierre muni d'un petit tube d'air et d'une cloche. Ils sonnaient la cloche chaque jour pour signaler au temple qu'ils étaient vivants. Lorsque la cloche cessa de sonner, le tube d'air fut retiré. Leur but était de devenir des « Bouddhas vivants » éternels, préservés à jamais dans la méditation.
Foire aux questions
1. Les moines Aghori sont-ils dangereux ?
2. La consommation de chair humaine est-elle légale en Inde ?
3. Est-ce que l'auto-momification est encore pratiquée ?
Références
Informations issues d'études anthropologiques sur la secte Aghori, de la documentation sur le festival Ma'nene en Indonésie et des archives historiques du Sokushinbutsu japonais.
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